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2020, un personnage de La terre d’Émile Zola et un couple présidentiel en temps de pandémie.

Je continue à lire, bien sûr. Je fouille dans mes étagères et y trouve des livres que je n'avais pas eu le temps de lire ou que j'avais commencé à lire, puis non, ce n'était pas le moment. Je trouve des livres à relire. Ceux qu'on a lus très jeune vous font comme une nouvelle lecture. Lire Zola à quinze ans, la belle idée, mais à cet âge, on ne possède pas la culture globale nécessaire, on n'a pas le recul qu’il faut pour tout saisir. Alors je relis Zola, La terre. Je mesure toutes les choses qui m'étaient complètement passées au-dessus. Et j'y retrouve alors des trésors  oubliés, les merveilleuses descriptions des visages et des paysages. Zola décrit si bien un être qu'on le voit devant soi. Zola parcourt si bien de sa plume un paysage que nous voilà transportés aux confins de la Beauce tout près de ce paysan qui d'un geste ancestral envoie les semis à la volée. Les chevaux et les outils mécaniques nous emportent dans un autre temps. Jean, ce paysan, parcourt son champ, puis s'arrête, puis regarde le ciel.
C'est peut-être ce même ciel que celui qu'il nous est donné de voir en cette époque de la pandémie de Covid 19. Regardez comme ce bleu est profond et dépouillé de toute trace humaine. Les chants d'oiseaux que Jean se plaisait à écouter dans le silence de la campagne, ce silence si précieux, nous le touchons de l'oreille. Il existe des vibrations basses liées à l'activité humaine dans lesquelles nous baignions sans même en avoir conscience, c'est leur disparition qui crée un silence nouveau. En ce moment, nous vivons sur la Terre débarrassée momentanément de tout un tas de pollutions. Nous ne pouvons plus prendre un avion, nous ne pouvons plus rouler des kilomètres en voiture. Nous voilà obligés de nous en tenir à notre environnement immédiat. Les chanceux profitent de leur jardin ou de leur terrasse, certains décompressent sur leur balcon. Et puis d'autres, se retrouvent confinés à plusieurs dans quelques mètres carrés, espace restreint qui exacerbe les tensions dans la cellule familiale, qui vient rappeler l'insupportable injustice du mal-logement. A moins de vivre à proximité d'un aéroport, en ont-ils quelque chose à faire de ce ciel si pur, qu'entendent-ils des discours écologistes sinon des élucubrations d'intellectuels qui se soucient peu de leurs problèmes à eux, de leurs problèmes de logement, de leurs problèmes de fin de mois...
Pourtant, quelle stupéfaction de regarder ces cartes de la pollution aux Gaz à Effet de Serre devenues bleues. Planète bleue. Il ne reste que quelques zones rouges sur les grandes agglomérations. Si ça pouvait durer...
Mais non !! Cela ne doit pas durer, répliquerait Emmanuel à Brigitte. Ils dresseraient ensemble la table du petit-déjeuner. "Ma chérie, tu as été ma merveilleuse prof de français mais je serai ton humble serviteur en matière d'économie." A  ce moment, la cafetière semblerait agoniser projetant les dernières gouttes d'eau dans le filtre Melitta. "Il faudra que l'on change de cafetière" lancerait Brigitte toujours indisposée par ces chuintements. "C'est une usine, chérie, qui fabrique ces cafetières". Oui, les cafetières font marcher l'économie, mais, il faudrait qu'elle le comprenne, les avions aussi, les voitures aussi. Et comme pour la ramener à un exemple plus concret, il lui lancerait en souriant qu'elle se rendrait tout de même pas au Touquet à pinces. Il dirait "à pinces", c'est pour lui comme un peu de polissonnerie et il le savait, elle adorerait ça. Après quelques bouchées de croissant au beurre, il s'essuierait délicatement le coin des lèvres avec un Sopalin. Il ne s'en tiendrait pas au Touquet. Et le chômage, avait-elle pensé au chômage qu'engendrerait l'arrêt de ces trafics. "Oui, tu as raison".
Brigitte retournerait-elle, soumise, à ses ouvrages de poésie ?
On aimerait que la femme du Président lui fasse remarquer qu'il n'évoque pas la problématique du grand capital, ah oui, et les actionnaires seraient très mécontents, mais alors très très indisposés, hum, mon voyou...
Je n'y connais pas grand-chose en économie. On a tous entendu parler quand même de l'économie réelle et de l'économie virtuelle. Je ne résiste pas à partager cette petite vidéo très pédagogique dénichée sur citeco.fr le site de  la Cité de l'économie, très critiquée par ailleurs sur des impasses concernant certains aspects de l'économie. Mais ces manquements seront comblés dans la vidéo suivante.

C'est simple finalement. L'économie réelle se rapporte à notre vie de tous les jours, nos actions (!!) et réactions, nos contraintes. Et c'est précisément un désordre au niveau de l'économie virtuelle qui peut bouleverser notre vie quotidienne. La vidéo le démontre bien.
Et qu'en sera t-il au sortir de la crise mondiale actuelle ? A n'en pas douter, des milliards seront injectés dans les banques et les multinationales.
Alors, puisque nous n'aurons aucun contrôle sur ces mesures, sur l'utilisation et la répartition des coups de pouce, n'est-ce pas le moment, plus que jamais, de faire tourner la planche à billets, attention je précise, billets de monnaie locale. A désordre mondial, initiative locale ?? Ce qu'explique très bien cette vidéo sur le site du mouvement des colibris . Une toute autre lecture de la problématique d'économie réelle et virtuelle...


Revenons à notre Jean. Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, il respecte au mieux la rotation des cultures et pratique la jachère. Il écoute la terre, la saisit entre ses mains et l'interroge. Si la production est en baisse certaines années, il s'en attriste sans en accuser la terre. Non, il déplore plutôt un regain de sécheresse au mauvais moment, ou un surplus d'eau qui a noyé les semis. La terre est un être vivant, respectée et remerciée pour sa générosité. Au village proche de Rognes, les particules fines des épandages de glyphosates ne polluent pas encore l'air des riverains. Et pourtant, tout près de Jean, simple ouvrier rivé au réel de la terre, certains s'agitent pour agrandir leur domaine. Leur soif insatiable de fortune les entraîne alors à commettre les plus ignobles exactions.

La boucle est bouclée d'une certaine façon.

Bon courage en cette époque de confinement qui donne aussi, heureusement, du temps pour réfléchir.
N'hésitez pas à commenter.

Tag(s) : #Actualité 2020

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