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l'homme qui n'aimait plus les chats, isabelle aupy

Je ne serais pas étonnée qu'Isabelle Aupy apprécie l'écriture de Claudie Gallay, auteur de "Les déferlantes". On retrouve dans L'homme qui n'aimait plus les chats cette même tendresse vis-à-vis des personnages, cette même application à évoquer les éléments naturels avec les mots justes.
Sur une île (très probablement bretonne), les chats disparaissent. Le narrateur, îlien, ne les voit plus, ne les entend plus. Son inquiétude le mène jusqu'en haut du phare où il tente d'obtenir du gardien des éclaircissements sur l'énigme. Mais le vieil homme prend la chose avec humour sans plus de préoccupation.
Les jours passant, l'absence des chats devient un vrai problème, et plusieurs habitants de l’île se réunissent pour partager leurs impressions. Il y a Gwen, la mère du petit Gaël, Léonore, la vieille institutrice, Sergei, poète musicien russe arrivé par choix sur l’île, Thomas, le gardien de phare, il y a le curé. Ils concluent de cet échange qu'ils ressentent un même malaise mais n'envisagent pas d'action possible.
Ce qui se produit ensuite aboutira à une grande leçon sur la Liberté. Plus qu'une leçon, une réflexion. Sommes-nous vraiment conscients de ce qui entrave notre liberté d'action, notre liberté de pensée, plus globalement notre liberté d'être ce que nous voulons être ?
N'oublions pas que le chat est la plupart du temps décrit comme un animal libre et indépendant...

Extrait :

[...] Y avait la mer et ses tempêtes qui rythmaient les saisons ; y avait  le vent qui vous prend au corps, qui vous rappelle que le monde existe, c'est important ça de sentir que le monde existe ; et nos chats qui ronronnaient comme la mer et le vent. C’était les trois instruments de la musique de notre île.
J'ai quitté le phare ce soir-là dans le silence de la mer. Même le vent avait rendu les armes. C’était calme et il manquait leurs miaulements bizarres quand ils se bagarrent. Une sorte de cri qui résonne sans qu'ils reprennent leur respiration, et qu'ils modulent comme un violon grinçant, bref un truc atroce. On en entendait toujours à la belle étoile.
J'avais espéré, je crois, qu'ils sortiraient la nuit, même ceux de la journée, tous convertis au somnambulisme sur les toits d'ardoise. Ça faisait drôle de ne pas voir leur petite silhouette traverser la rue devant soi,  les pattes légèrement fléchies et la queue au ras du sol. Ou leurs yeux briller comme des billes quand ils se tournaient d'un coup. Ça faisait vide. Un peu mort aussi, faut le dire.
Je suis rentré et le lit était froid.
[...] 

Alors forcément, pourquoi ce titre, pourquoi notre narrateur n'aimerait plus les chats ? C'est toute la question...
Ce roman est à mettre entre toutes les mains, et notamment entre celles des jeunes collégiens et lycéens. Il peut initier de belles discussions sur les formats sociétaux, sur l'indépendance et la liberté individuelle et collective.

les éditions du panseur ; 2019 ; 122 p. ; 12,50 €

Tag(s) : #Coup de coeur, #Littérature française, #Littérature jeunesse

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