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editions asphalte, timothée demeillers, jusqu'à la bête, abbatoirs

D'emblée, on frémit, on a le cœur qui se soulève, plongés que nous sommes dans les entrailles d'un abattoir. Cet espace est disséqué en une explosion de mots qui font se répercuter à l'infini des images et des odeurs, des sons et des couleurs, des matières... Et dans le même temps, forcément, on comprend ce qu'est la vie d'Erwan, les efforts qu'il fournit du matin au soir pour supporter ce qui pour lui ressort de l'insupportable.
Heureusement, une certaine Laëtitia vient travailler sur la chaîne pour un remplacement d'été. Il y a aussi du soleil dans la vie d'Erwan. Du soleil aussi, son frère et sa belle-sœur, ses nièces. Des embellies précieuses que l'on savoure tout en sachant qu'elles ne sont que de courte durée. Car les obsessions reviennent, les bruits et les odeurs de l'atelier, les blagues de mauvais goût des collègues. On sait que l'on se dirige vers un drame, on ne sait pas lequel au juste. Alors on suit Erwan pas à pas, ses rêves et ses désillusions, sa révolte et ses convictions. Et puis la tristesse, et puis le désespoir.
Une écriture rythmée comme les cadences infernales de la chaîne, rythmée comme des pensées qui s'enchaînent ou qui se télescopent. Une ponctuation dense, des points comme des coups de poing, des virgules qui scindent le texte en myriades de constats implacables. Ce parti pris dans l'écriture n'empêche pas une lecture fluide ce qui suppose sans nul doute un formidable travail de mise en voix des mots dans le processus de création.
Un premier roman foudroyant qui pourrait intéresser un réalisateur de cinéma. Mille bravos !!

Asphalte Éditions ; 2017 ;  160 p. ; 16 € 
Sélection du Prix du roman Cezam Inter CE

Tag(s) : #Coup de coeur, #Littérature française

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